Mais comme « tout vient à point pour qui sait attendre », la vieille Europe devra patienter un peu pour pouvoir profiter d’une version encore améliorée qui nous parviendra au printemps 1982 : Toujours nantie de 170ch Din à 5500Trs, la cylindrée passe à deux litres (1997cm3 très exactement). C’est plus que suffisant pour franchir la barre mythique des 200 km/h, avec même
Déjà c’est une propulsion, et les 170 ch qui vont littéralement débouler sur le train arrière ne sont pas spécialement dociles
(nous sommes encore loin des turbo « basse pression », et
le coup de pied au c.l
passé un certain régime est encore très présent).
De plus l’essieu arrière est rigide et, pour tout dire, pas franchement étudié pour recevoir une telle puissance
…
A noter qu’il est possible moyennant un supplément de 1750 Francs de disposer d’un pont autobloquant qui, s’il ne règle pas à lui seul tous les problèmes, améliore tout de même grandement la maîtrise de l’auto à grande vitesse. Bref la Lancer Turbo est de la race des voitures qui se domptent bien plus qu’elles ne se conduisent !
D’une conduite pour le moins virile, son volant n’était pas à mettre entre des mains inexpérimentées.
La décoration extérieure de la voiture annonce d’ailleurs clairement la couleur
: Spoiler généreux, becquet sur le coffre, bandes latérales orange et jantes en aluminium vernies pour le moins imposantes avec des enveloppes en 185/65 HR 14, une « grosse monte » à une époque où le standard était le 155 SR 13…
Mais le plus notable est la reprise d’un classique qui défraya la chronique en 1973 lors de son introduction sur la
BMW 2002 Turbo
:
L’autocollant facial « 2000 Turbo » collé à l’envers pour être lu dans le rétroviseur des automobilistes qui précèdent
, en clair : « Casse-toi de mon chemin ! »
« Bon, tu as compris ce qui est marqué ? Tu dégages avec ta bouse ! »
BMW sera sensible aux remarques de certaines bonnes âmes et retirera son autocollant au bout de quelques mois, mais à priori Mitsubishi passera au travers des gouttes, et parviendra à le laisser sur toutes les autos vendues en Europe.
Engagé par
Ralliart
en Groupe 4 avec l’accord de
Mitsubishi
,
la Lancer Turbo dotée d’un moteur poussé à 280ch participera à plusieurs épreuves du championnat du monde
, avec pour meilleur classement une troisième place au
Rallye des 1000 Lacs
1982. La concurrence pour le moins affûtée de l’époque et l’avènement rapide des monstrueuses Groupe B feront que la carrière sportive de la Lancer sera de courte durée…
La version civile n’ira au demeurant guère plus loin,
puisque la commercialisation de la
2000 Turbo
cesse dès 1984, avec la présentation d’une nouvelle génération de
Lancer
, beaucoup plus sage
.
On ne pense pas que plus de 5000 exemplaires soient sortis des chaînes de montage (toutes versions confondues), et seules
150 voitures auraient trouvées preneurs chez nous
(
grosso-modo
une par concession).
La
Lancer EX 2000 turbo
est l’archétype de « la voiture d’homme »
, celle où il suffisait encore de mettre un turbo sous le capot et une décoration extérieure agressive pour entrer dans le club fermé des voitures de sport, et tant pis si beaucoup ont compris à leurs dépends (et souvent trop tard…) que l’on ne s’improvise pas pilote du jour au lendemain, même avec un chéquier bien garni.
Vous souhaitez en acquérir une de nos jours ?
Entre les exemplaires qui ont courus, les « retapés » et ceux qui ont tout simplement finis enroulés autour d’un arbre après que l’arrière ai trop longtemps cherché « à passer devant »,
les chances de dénicher un exemplaire en bon état sont très aléatoires
, d’autant que la rouille a fait de gros ravages dans les rangs, et que beaucoup ont fini par laisser tomber leur monture faute de pièces détachées, le réseau officiel n’ayant jamais eu très bonne réputation concernant leur fourniture à long terme.
Comptez donc 9000€ pour un bel exemplaire, et c’est un minimum
…
Et allez prendre des cours de pilotage si ce n’est pas déjà fait
. C’était le conseil du jour d’un ancien de la grande époque…